Ci-dessous, la lettre n°5 de Génération République Bas-Rhin, dont j'ai été délégué départemental durant la campagne présidentielle pour le Pôle Républicain de JP Chevènement. A ce moment-là, bien peu voulaient croire à un second tour avec Jean-Marie Le Pen.

 

Strasbourg, le 21 mars 2002

 

Chères citoyennes, chers citoyens,

A quelques dizaines de jours à peine du premier tour de l’élection présidentielle, la danse du ventre des sondages hypnotise les Français. Nous, républicains, appelons de nos vœux à la refondation du débat démocratique. C’est pour cela que nous sommes partis dès le mois de septembre rencontrer les citoyens et donner corps aux idées républicaines. Contrairement aux grosses machines électoralistes que sont le PS et le RPR, nous n’avions pas les moyens médiatiques, ni surtout la volonté, de ne partir qu’au dernier moment et faire une campagne à l’esbroufe. C’est sur le terrain de la raison et de l’argumentation que nous souhaitions emmener les autres partis en lice. Que nous proposent aujourd’hui les deux appareils installés ? Des échanges de coups-bas (« Espèce de vieux, usé, rabougri ! » « Va donc, eh, fasciste ! »), des repentances maladroites (« je suis désolé, c’est pas moi ! »), des slogans publicitaires (« La vie en mieux, la vie ensemble » pour les uns, « la France en grand, la France ensemble » pour les autres…), et la surenchère démagogique de deux programmes bien peu dissemblables sur le fond… Entre Dupont et Dupond, se résignera-t-on à choisir ?

Le bruit de fond médiatique qui berce nos journées nous laisse entendre une bien surprenante chanson : les jeux seraient déjà faits, tout serait déjà joué pour le premier tour… Mais quel profond mépris pour la démocratie que de nous imposer cette tyrannie sondagière maquillée de scientificité ! Le Suffrage Universel serait-il soluble dans le bain des Sondages ? Et, de plus, quelle mauvaise mémoire ! Se souvient-on des dernières élections, européennes ou municipales, quand nous nous étions jurés que les futurologues de la politique ne nous y reprendraient plus ? Se rappelle-t-on du référendum irlandais sur le traité de Nice ? Tous les grands partis appelaient à voter pour le ‘oui’, les sondages le donnaient largement vainqueur jusqu’au dernier moment… Pour quel résultat ? Je vous laisse deviner. Pourquoi n’entend-on ceci qu’un président et un premier ministre sortants n’ont jamais eu si peu d’intentions de vote à quelques semaines du scrutin ? Et considère-t-on suffisamment la chute vertigineuse des cotes de popularité des deux ‘favoris’ proclamés… Parle-t-on de tous ceux qui, en grand nombre, refusent de répondre aux sondeurs ? Pourquoi faut-il toujours attendre le lendemain d’une élection pour s’accorder sur cela que les sondages ne sont que des « photos floues, plus ou moins bien retouchées » d’humeurs momentanées ? Si tout est joué, pourquoi voter alors ? Les sondages le font à notre place… Appelons donc solennellement les électeurs de Jospin et de Chirac à ne pas se déplacer inutilement pour ce premier tour !

Deux chiffres, parmi toute la liesse des statistiques, laissent pourtant bien songeur : d’après plusieurs enquêtes, trois Français sur quatre estiment que Chirac et Jospin, c’est du pareil au même. Et largement plus de la moitié ne savent pour le moment pas pour qui ils vont voter… Tout se décidera donc dans l’isoloir, lorsque chacun optera en âme et conscience pour le candidat qu’il souhaitera voir diriger la France. Les seuls sondages valables seront ceux du 21 avril et du 5 mai prochain.

Plus que jamais nous sommes convaincus qu’un « sursaut républicain » est non seulement nécessaire, mais possible. Car même le plus dégoûté des affaires politiques doit bien reconnaître en Jean-Pierre Chevènement l’homme de conviction qui ne s’est jamais laissé glisser sur la pente de la fatalité, celui qui a su montrer sa détermination sans faille et son courage face aux puissances de l’Argent (lobbies pétroliers américains ou terroristes corses), et chacun reconnaît en lui l’homme d’expérience, en un mot, l’Homme d’Etat.

Puisque donc nous refuserons toujours de baisser les bras devant tous les faux prophètes et tous les déterminismes, ces adversaires de toute politique véritable, nous, Génération République, proposons à tous les citoyens de participer à ce projet de la démocratie renouvelée : cafés républicains, formations du samedi, commissions de réflexion et de débat, actions sur les marchés, tractages, collages d’affiches…

Que vive la politique ! Et que vive la République !


Mathieu Lavarenne

Délégué départemental

Génération République Bas-Rhin