Le Blog de Mathieu Lavarenne

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26 janvier 2008

L'industrie française en berne

Arcelor-Mittal saborde Gandrange

mittalIl y a deux ans, en janvier 2006, la société anglo-indienne Mittal-Steel lançait une OPA hostile sur Arcelor, numéro un mondial de l’acier, déjà né en 2002 de la fusion de trois sidérurgistes européens : Aceralia (Espagne), Arbed (Luxembourg) et Usinor (France).

Fin juin 2006, la création du groupe Arcelor-Mittal était annoncée. Pour se donner une image plus sociale, le groupe faisait alors visiter une des aciéries d’Arcelor, présentée comme modèle, à Gandrange en Moselle, dans laquelle il promettait d’investir. Cette “vitrine” servit à montrer aux actionnaires, aux politiques et au grand public son savoir-faire industriel et les possibles "synergies locales" avec les sites voisins d’Arcelor. Or cet établissement, à l’encontre des promesses faites, va être liquidé. Il y a une semaine en effet, le 16 janvier, lors d’un comité extraordinaire d’entreprise au siège du groupe à Luxembourg, Arcelor-Mittal annonçait la fermeture de l’aciérie électrique et du laminoir lourd. Seuls subsisteront, pour l’instant, le centre de recherche et le laminoir à fil. Près de 600 emplois sur un millier seront supprimés d’ici 2009.

Au bout d’un an et demi, Arcelor-Mittal fait donc tomber les masques. Une perte de plus de 30 millions d’euros pour 2007 est certes invoquée par la direction. Pourtant le site est viable sur le long terme, et l’expérience professionnelle des employés est réelle. Les retours sur l’investissement semblent sans doute trop peu élevés aux yeux des dirigeants et des actionnaires. C’est une catastrophe pour la ville et pour la région : Gandrange, modeste ville de 2.600 habitants, perçoit 70 % de ses revenus grâce aux taxes liées au site industriel. Sans compter le coût social et politique d’une telle manœuvre économique.

En réaction, David Martinon, porte-parole de la Présidence, annonçait jeudi 24 janvier que Nicolas Sarkozy souhaite rencontrer en début de semaine Lakshmi Mittal, le PDG du groupe, qu’il a déjà reçu officiellement par ailleurs. Mais que se permettra-t-il de dire à ce milliardaire indien, ami de François Pinault, nouveau membre du CA d’EADS et récent mécène du Musée national des Arts asiatiques à Paris, si ce n’est de négocier quelques reclassements et quelques nouvelles promesses pour l’avenir ? On perçoit évidemment les limites de cette “politique” industrielle acquise à la logique de la globalisation.

Il faut aussi dire qu’en 2004, les noces de la fille Mittal se sont déroulées en grandes pompes aux châteaux de Versailles, Saint-Cloud et Vaux-le-Vicomte, lors d’un des mariages les plus coûteux de tous les temps, avec 55 millions euros de dépenses. N’y a-t-il pas là de quoi faire rêver notre Président ? A défaut des Français…

Posté par mlavarenne à 17:59 - Entreprises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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