bretton_woods_signDe la nécessité de nouveaux traités internationaux

 

Alors que la crise financière, économique, bientôt sociale, est en train de secouer le monde, il me paraît judicieux de republier les principaux extraits de la lettre de campagne distribuée lors des législatives en juin 2007.

 

Je n’en retire pas un mot, bien au contraire. Et force est de constater que bien peu de candidats avaient à ce point mis en avant le problème de la finance mondialisée et dérégulée. Il faudrait sans doute relire l'ensemble des professions de foi pour se rendre compte combien la majorité des partis politiques ne partait pas d'un diagnostic pertinent.

Lorsque nous évoquions explicitement Keynes, les accords de Bretton Woods et la nécessité de nouveaux traités internationaux, y compris européen, combien de sourires condescendants ou indifférents ?

Aujourd’hui tout semble avoir changé. Du moins dans le discours. Or il est peu probable que ceux-là mêmes qui durant de longues années, voire des décennies, ont prôné haut et fort les bienfaits de la « mondialisation heureuse », modifient maintenant en profondeur leur logiciel intellectuel.

Un citoyen averti en vaut deux. Ne soyons pas naïfs, demeurons exigeants.

 

Lettre de campagne du 21 mai 2007 :

« On a bien pu voir [ces dernières années] quelques mesurettes sociales d’un côté, économiques de l’autre... mais les problèmes n’ont pas été traités à la racine : un commerce international détruisant le développement, l’instabilité monétaire, la financiarisation de l’économie, les conséquences de l’invasion de l’Irak par les USA, la destruction des ressources naturelles et la pollution de l’environnement... Ils ont été absents du débat présidentiel ou alors abordés dans leurs conséquences, par le petit bout de la lorgnette.

La France ne doit pas se résigner à une mondialisation libérale, présentée comme inéluctable. Notre pays soi-disant « en retard » sur les autres devrait s’adapter toujours plus pour devenir enfin « moderne ». Nous pensons que la politique doit donner des règles à l’économie, que l’instruction publique doit transmettre des valeurs et des savoirs, que l’éducation doit donner des cadres aux jeunes enfants.

La France doit reprendre confiance en son modèle républicain. Avec ses institutions laïques et ses services publics, le système français n’est pas ringard. L’Etat-nation, comme communauté de citoyens, indépendamment des origines ethniques, religieuses ou sociales, n’en est qu’à ses débuts dans l’histoire du monde. Notre politique étrangère, équilibrée et indépendante, doit avoir le courage de défendre une refondation des traités internationaux, sur le modèle des accords de Bretton Woods en 1944, mais aussi des traités européens, en vue d’une Europe des nations et des grands projets. Nous ne serons pas seuls ! La voix de la France est attendue dans le monde. »

Voir le programme complet que nous avions publié alors.