SNCF, tout n’est pas possible !

Billet d'humeur paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du dimanche 22 février 2009

 

ta18epbr8jyg0dfv7e3On aurait pu se dire que l’idée était bonne. Organiser une sortie scolaire à Strasbourg avec une classe de lycéens en optant pour le train plutôt que le bus. Un choix relevant de considérations financières (un billet pour un petit groupe est moins cher qu’un bus non rempli), mais surtout pédagogiques (des élèves n’ont jamais pris le train ou très peu) ou encore écologiques (valorisation des transports en commun)… Mais c’était sans compter sur l’isolement de notre petite capitale sundgauvienne, de plus en plus à l’écart des grands axes de la civilisation moderne…

Après avoir hélas pris acte de l’impuissance du guichet local pour répondre à une telle demande, la seule possibilité fut de se tourner vers un impersonnel numéro payant, où il était parfois difficile d’avoir un interlocuteur, qui plus est connaissant Altkirch…

Commence alors un dialogue quelque peu surréaliste.

– Nous voudrions prendre le train de 8h11 puis, à Mulhouse, la première correspondance pour Strasbourg.

– Impossible, pour un groupe il faut au moins 20 minutes de changement et il n’y en a que 14 !

– Il n’y a pas besoin de 10 minutes pour changer de quai avec 25 personnes !

– Mais… si le train d’Altkirch arrive en retard… 

– Certes, partant de ce principe…

– …si encore c’était 19 minutes, mais là, 14…

– Eh bien, y a-t-il une règle ou non ?

– De toute façon, le service billet refusera…

– Bon, alors, quel est le train suivant ?

– Attendez, je regarde… 11h11, arrivée à 12h03.

– Il ne restera que le temps de manger puis de s’inquiéter du retour… Vraiment, vous êtes sûr ?

Louable insistance qui a permis au conseiller dématérialisé de « découvrir » un nouveau train n’apparaissant pas de prime abord sur le site, celui de 9h42, soit 1h10 d’attente. Largement de quoi gâcher la matinée.

– Il ne fait pas bon être sundgauvien… on se sent un peu esseulés dans notre campagne…

– Oui, je comprends, mais au moins vous avez l’air pur !

Que répondre à cela, sinon que, privés de services publics dignes de ce nom, il nous restera sans doute toujours de l’herbe à brouter.

Mathieu Lavarenne