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J'ai annoncé depuis plusieurs mois déjà que je ne serai pas candidat aux prochaines élections municipales, après avoir été intensément impliqué depuis 2001 à Mooslargue, petite bourgade de ce fin fond alsacien qui m'est si cher et qui m'a vu grandir.

Peut-être avez-vous déjà lu diverses publications concernant ce qui s'y passe depuis quelques années, avec le bouquet final qui "fleurit" en ce moment.

Ceux qui me connaissent savent que tout cela ne correspond pas à ma conception de l'engagement civique. Ce que j'ai déjà publié sur ce blog (non-anonyme) le démontre largement. Surtout, le village de Mooslargue mérite bien mieux que toute cette agitation stérile et mortifère, qui déborde largement du champ du politique, et inhibe largement les forces actives.

Que je le veuille ou non, et vu de loin, je fais immanquablement partie du problème (sous le vocable de la très mal nommée "querelle de clocher"). Or, il est important que la politique communale puisse repartir sur de nouvelles bases, avec un nouvel élan. C'est mon voeu. Parce que mon engagement a toujours été, par devoir, pour le bien public et non pas pour mon intérêt personnel.

Quel intérêt en effet à vivre tout cela, franchement ? Certaines personnes éprouvent certes parfois de la jouissance à la conflictualité, à la querelle, parce que le fait d'avoir des ennemis à leur image leur donne l'impression d'être enfin quelqu'un d'important. Et, au besoin, ils se les fabriquent, ces ennemis dont ils ont tant besoin pour avoir le sentiment d'exister, pour qu'une vaniteuse petite sensation de puissance les grise... C'est hélas fréquent dans les sphères du pouvoir qui, plus généralement, attire les perversions comme la lumière de la flamme attire les papillons de nuit. Et ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. Ni de café. J'ai d'autres énergisants. Mais je m'égare.

Dans le contexte actuel, tout comme Robin Burglin, j'estime donc que mon retrait local est ce qu'il y a de mieux à faire pour le village. Je n'ai pas vocation à remettre une pièce dans une machine collective si pervertie. Si d'ailleurs j'étais candidat, que je gagne ou que je perde, tout ce cirque funeste ne cesserait pas. Le village en pâtirait encore.

J'ai fait l'effort de mener à bout mon mandat de conseiller, après ma démission des fonctions de premier adjoint en janvier 2015, et je remercie toutes celles et ceux qui ont oeuvré au service de l'intérêt général ou qui choisiront de se soumettre à cette même exigence lors du prochain mandat, quels qu'aient été leurs choix jusqu'à présent. Je pense avoir fait ce que j'ai pu, tentant de tenir des propos mesurés et raisonnés, tout en manifestant ma ferme opposition à des pratiques que je ne cautionne pas. Je savais que cela ne plairait pas forcément. J'ai néanmoins régulièrement tendu la main, sans grand succès, il est vrai.

Alors sans doute ai-je fait des erreurs, commis des maladresses. J'ai aussi des regrets. Ainsi que des avis aiguisés sur les choix des différents acteurs de ce psychodrame rural. Mais je réserverai toujours bon accueil à qui voudrait éclairer sa lanterne sur tel ou tel épisode malheureux du mini-Dallas sundgauvien, ou bien plutôt parler d'avenir et de projets, délaissant le négatif dans la corbeille du passé. Chacun en jugera comme il le souhaite. Il ne sert à rien de ruminer.

La prise de recul me permettra sans aucun doute d'en tirer d'importantes leçons de vie. Voilà peut-être mon seul intérêt personnel : ce que tout ce capharnaüm a pu m'apprendre en compréhension de la nature humaine, de ses forces et de ses faiblesses, du fonctionnement de notre société et plus particulièrement de nos institutions, y compris dans leurs failles et leurs défauts.

Ma décision est donc mûrement réfléchie, de longue date. Et je n'aurai pas le temps de m'ennuyer en orientant mon énergie vers des causes plus constructives et des combats plus positifs.

LAVARENNE Mathieu

Ex-premier adjoint démissionnaire

Bientôt ex-conseiller municipal, non-candidat aux élections de mars 2020