France Télévision, service de propagande pour Bruxelles ?

 

Mercredi 25 juin 2008, après quatre mois de travaux, Jean-François Copé, président de la commission "pour une nouvelle télévision publique", a remis à Nicolas Sarkozy un  rapport de 50 pages, suite à l’annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, le 8 janvier.

Le rapport affiche crânement la « volonté de renouer avec des rendez-vous éditoriaux forts, sur des thèmes fondamentaux pour la société d’aujourd’hui et qui sont insuffisamment exposés : l’Europe, la vie politique, l’environnement, l’économie, les sciences, les arts et les spectacles ». Notons bien l’Europe en tout premier lieu… car oui, nous ne parlons pas assez d’Europe ! C’est d’ailleurs pour cela que le “non” l’a emporté lorsque le peuple a été consulté (…comme si le débat de 2005 n’a pas été un débat de fond tel que la France en a rarement connu…).

D’ailleurs, si les citoyens sont mal informés, c’est aussi parce que les questions européennes sont beaucoup trop compliquées pour eux… La preuve : les ouvriers se sont très majoritairement opposés au Traité Constitutionnel Européen de 2005, alors que les cadres supérieurs avaient plutôt voté “oui”… Et il est bien connu qu’un ouvrier, ça n’est pas très intelligent (en plus de sentir fort sous les bras). Ainsi, « de nombreux sujets sont considérés comme exigeants, et donc peu susceptibles de rencontrer une audience. » Voilà qui ne doit pas faire baisser les bras à un service public du 21ème siècle. « A titre d’exemple, la promotion de l’idéal européen [sic] ne doit en aucun cas se limiter à un grand débat ou un documentaire isolé. Il doit s’agir d’une séquence longue, mettant le propos politique ou savant en résonance avec une approche ludique reposant par exemple sur la fiction, comme le film l’auberge espagnole, des magazines, de l’information, des divertissements. » Dommage donc que le suffrage censitaire ait été aboli. Heureusement qu’il reste la propagande pour monter de grandes fictions (le terme est décidément très juste), de nature hagiographiques, sur le bel idéal européen tant malmené par les masses incultes...