Collectivité Territoriale d'Alsace : pour un débat public responsable !

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Une consultation publique de type référendaire sera organisée le 7 avril 2013, en Alsace seulement, pour proposer une évolution institutionnelle majeure en France, avec la suppression de deux départements (Haut-Rhin et Bas-Rhin) afin de les remplacer par une Collectivité Territoriale d'Alsace, composée d'une Assemblée d'Alsace aux pouvoirs étendus (notamment en matière d'éducation et de culture, de tourisme et d'économie, ou encore de coopération transfrontalière, c'est-à-dire d’une partie des affaires étrangères), dont le siège sera à Strasbourg, ainsi que d’un Conseil exécutif d’Alsace, à Colmar. Cela dit pour simplifier, car la réalité est encore plus complexe.

Des sénateurs ont déjà proposé un amendement, pour le moment rejeté, afin de supprimer le seuil de participation (déjà bas) de 25% des inscrits pour en valider le résultat.

On peut donc légitimement craindre que le débat public n’ait pas vraiment lieu, par peur qu’il ne tourne en défaveur du projet.

Que nous soyons ou non alsaciens, quelles que soient par ailleurs nos opinions politiques, nous demandons aux médias, aux élus et plus largement à l’ensemble des citoyens de s’emparer de cette question afin d'en analyser clairement les enjeux sur la place publique, et de ne pas se contenter d'une compilation de tribunes pour le Oui. Une méthode qui n'avait d'ailleurs pas marché en Corse en 2003, ni dans l'Outre-Mer en 2010.

Il sera de notre reponsabilité collective de faire en sorte que ce débat ne dérape pas, en restant toujours mesurés dans nos propos. Tous les ingrédients du dérapage sont pourtant là. Depuis qu'en 2003 l'idée même de referendum local a été rendue possible par le ministre de l'intérieur de l'époque, il est à craindre qu’une telle disposition puisse réveiller de profondes fractures, blessures et fantasmes, en Alsace et ailleurs en France. C'est une boîte de Pandore qui s'est possiblement ouverte, de laquelle sortent déjà les vieilles lubies d'autonomistes prêts à tout pour souffler sur les braises du feu identitaire.

Loin de devenir plus unie, l'Alsace pourrait bien en sortir profondément marquée et divisée, et pour longtemps, loin des incantations naïves du moment. La responsabilité en sera à celles et ceux qui auront voulu se transformer en apprentis sorciers des institutions pour bouleverser (inutilement en plus, car sans économies réelles, sans simplification non plus), le fragile équilibre politique sur lequel repose la France.

 

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