Voeux M Lavarenne Alsace 01 01 2016

Dans son émouvant roman La Peste, Albert Camus donne une leçon de grandeur morale : face au mal et à la souffrance, il faut « lutter de telle ou telle façon et ne pas se mettre à genoux ». Après une année 2015 durant laquelle l'impitoyable réalité s'est frontalement rappelée à nous, et alors que le monde est toujours en plein orage à l'aube de cette nouvelle année, nous devons rester debout et continuer à regarder vers le ciel des idées et des principes, vers le ciel des créateurs. Car, comme l'affirmait le philosophe Nietzsche, « nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité ». Non pas pour détourner les yeux du réel, mais pour mieux voir le monde et nous grandir les uns les autres.

Une anecdote, largement diffusée par les réseaux sociaux, raconte qu'en pleine seconde guerre mondiale, Winston Churchill aurait répondu à ceux qui voulaient alimenter l'effort de guerre en rabotant les subventions aux arts et à la culture : « mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » La citation est fausse, mais si elle a été tant diffusée, c'est qu'elle exprime le profond désir de voir nos élites portées par un tel souffle humaniste. Le même Nietzsche disait encore que « sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil ». Que cette année 2016 soit donc celle du foisonnement artistique et de l'abondance créatrice. Que les valeurs d'amitié, de générosité, de bénévolat (littéralement « vouloir le bien ») puissent dissiper les peurs, rabougrir les haines et illuminer les esprits.

M.L.